Panaf
عربية Français
Português English
[Revue de presse  ]
De Miriam Makeba à Alpha Blondy, l'Afrique toujours !*
 

Les articles les plus lus :

[ PUBLICITE ]

Algérie Quarante ans après sa première édition, le 2e Festival culturel panafricain aura lieu à Alger du 5 au 20 juillet 2009.

Quarante ans, c'est aussi l'âge d'« Afrique Asie », né à Alger pour combattre le colonialisme. Aujourd'hui, l'Afrique a cassé ses chaînes. Rendez-vous à Alger pour faire la fête et célébrer l'Afrique libre !

En juillet 2009, quarante années se seront écoulées depuis la tenue du premier Festival culturel panafricain. La colonisation était toujours là, l'apartheid aussi, beaucoup de peuples africains n'étaient pas libres, et Nelson Mandela croupissait en prison. C'est dans ce contexte particulier, à un moment où les armes tonnaient encore, que s'est déroulé le 1er Festival culturel panafricain, du 21 juillet au 1er août 1969. L'Afrique y avait mobilisé tout ce qu'elle avait de beau : sa culture, sa civilisation, ses arts, son histoire, pour l'utiliser comme arme de combat. Cela fera dire au président algérien Houari Boumediene : « La culture africaine fut un refuge efficace de l'Afrique contre la dépersonnalisation vers laquelle tendaient les efforts du colonialisme, qui entreprit un génocide des âmes. » Tout avait commencé en septembre 1967. Lors du conseil des ministres de l'Organisation de l'unité africaine (OUA) qui se tenait à Kinshasa, le ministre des Affaires étrangères de l'époque, Abdelaziz Bouteflika, avait transmis aux représentants du continent l'invitation de l'Algérie à participer au 1er Festival culturel panafricain. Aujourd'hui, c'est à l'initiative du même Abdelaziz Bouteflika, devenu président de la République, que le 2e Festival culturel panafricain se déroulera en Algérie, du 5 au 20 juillet 2009. L'événement se tiendra principalement à Alger, mais l'idée de l'élargir à d'autres villes limitrophes fait son chemin au sein du comité d'organisation. Cette initiative a été entérinée par l'Union africaine (UA), lors de la conférence des ministres de la Culture les 22 et 23 octobre dernier. Ils ont fortement soutenu l'Algérie pour la réussite de ce deuxième festival. Pour ce faire, elle s'est dotée de deux structures décidées par le président de la République: un comité national, sous l'autorité de l'ex-chef du gouvernement, actuellement premier ministre, Ahmed Ouyahia, et un comité exécutif présidé par Khalida Toumi, ministre de la Culture.

Miriam Makeba devait être sans conteste la marraine de ce 2e Festival, elle qui avait été la vedette à la première édition. Le sort en a décidé autrement : Mama Africa a décidé de tirer sa révérence le 10 novembre 2008 sur une scène italienne à Naples, en donnant un concert de soutien au journaliste et écrivain italien Roberto Saviano, menacé de mort par la Mafia.

"Une icône africaine"

Que diable faisait donc la chanteuse sud-africaine dans une affaire liée à la lutte contre la Camorra ? Serions-nous tentés de dire. Comme l'a écrit un ami journaliste algérien : « Makeba étant une icône de l'Afrique, l'Afrique étant le berceau de l'humanité, tout ce qui pouvait concerner l'humanité la concernait. » En hommage à cette grande dame, dans son message de condoléances, le président Bouteflika a dit : « Elle était dans le giron de Frantz Fanon, d'Aimé Césaire et de tant d'autres lumières qui ont éclairé notre route combattante. » Hélas ! Elle n'a pas été la seule, parmi les monstres sacrés de la culture africaine présents lors du 1er Festival panafricain de 1969, à nous avoir quittés. L'écrivain et cinéaste sénégalais Sembène Ousmane est parti le 9 juin 2007. Ce docker à Marseille, émigré de sa Casamance natale, est devenu un immense réalisateur qui, à travers ses films, a fait connaître les souffrances de son peuple et de ses frères d'Afrique. Un autre cinéaste géant, l'Égyptien Youssef Chahine, qui aimait dire que même « la façon de fumer une cigarette est politique », est également décédé en juin 2008. Le monde du cinéma lui a rendu un hommage à la hauteur de son œuvre.

"C'ÉTAIT EN 1969, ON AVAIT 18 ANS, ET LES DOUZE JOURS DU FESTIVAL ONT ÉBRANLÉ NOTRE CONSCIENCE"

C'était en 1969, on avait 18 ans, et les douze jours du Festival ont ébranlé notre conscience.
Alger aux couleurs africaines resplendissait en ce mois de juillet ; les salles de spectacles avaient été refaites à neuf, les places publiques étaient parées de mille couleurs, de masques africains et de lumières. Le 21 juillet, Alger a explosé. Ce fut un délire dans la liesse et la joie. Les troupes ghanéennes, maliennes, guinéennes, marocaines, algériennes… envahirent les artères. Et des milliers de couleurs, de sons, de tons, de danses, les youyous stridents des Algéroises en haïk (habit traditionnel algérois) se mêlèrent aux différentes troupes ou se juchèrent sur les balcons.


Folie, joie et rencontres

Oui, ce jour là le mot « africain » avait pris tout son sens. Douze jours de folie, de joie, de fraternité, de culture, de théâtre, de cinéma, de musique, de danse, et surtout de rencontres. Pour vivre cet événement d'aucuns auraient voulu se couper en mille. Car que choisir ? Aller voir le ballet guinéen sur la place de la Grande Poste ? Mais on ratait le film de Sembène Ousmane diffusé par la cinémathèque. Assister à la pièce de théâtre Attoufane, du Tunisien Jamil Jourdi ? C'est sur la fresque historique du Nigérien André Salifou qu'on était obligé de faire l'impasse. Aller voir Tayeb Seddiki, le grand dramaturge marocain, qui, lui aussi, était là, ou assister à la projection des films de Paulin Viegra et Sita Bella, deux cinéastes sénégalais venus « dans les bagages » du maître Sembène? Mais on avait 18 ans et il n'était pas question de passer à côté du spectacle de Vicky Blain, la jeune chanteuse gambienne dans sa tenue scintillante (plutôt courte !). Le saxophoniste de jazz américain Archie Shepp aura été le plus généreux : si on avait manqué sa représentation dans une salle, on pouvait encore le voir descendre du haut de la Casbah en compagnie du musicien folklorique algérois Boualem Titiche, tous deux jouant de leurs instruments comme des fous. Ou alors on le rencontrait le lendemain, entouré d'étudiants devant la faculté, jouant, dansant ou simplement discutant avec ces jeunes chevelus.

"LA GRANDE MIRIAM MAKEBA CHANTERA « ANA HOURA FI EL DJAZAIR » (JE SUIS LIBRE EN ALGÉRIE)."

Le 28 juillet 1969, eut lieu l'événement à ne manquer sous aucun prétexte. La grande Miriam Makeba se produisait à la salle Atlas, et le président Boumediene devait lui remettre ce jour là un passeport algérien. Elle chantera « Ana Houra fi El Djazair» (« Je suis libre en Algérie »).

Au comble de l'émotion

L'illustre chanteuse de jazz américaine, Nina Simone, si sobre, si lointaine, si silencieuse, caressant son piano, chanta les souffrances de ses ancêtres esclaves devant un public au comble de l'émotion.
Le célèbre pianiste Oscar Peterson et Marion Williams débarquèrent directement du festival de jazz d'Antibes, en France, pour participer eux aussi à la fête.
Le 31 juillet, feu d'artifice à la salle Atlas : Marion Williams, Archie Shepp en gandoura, le groupe Kartabou et Nina Simone réunis, que rêver de mieux! À ce moment là, s'est imposé certainement à l'esprit de tous les présents cette réflexion, qui a servi de titre à l'admirable ouvrage du grand poète chilien Pablo Neruda : « J'avoue que j'ai vécu. »
L'Afrique est libre. ANC, Frelimo, MPLA… ils ont été les combattants de notre jeunesse. Puis, enfin, Nelson Mandala est devenu président de l'Afrique du Sud. Aujourd'hui, le régime de l'apartheid n'existe plus et l'Afrique avance, quoi qu'en dise un certain discours néocolonial du président français à Dakar, en juillet 2007. Des Africains sont prix Nobel de la paix, de littérature, obtiennent d'autres récompenses renommées, comme le prix littéraire Renaudot en France (attribué en 2008 à Tierno Monénembo). Sans parler de musique ou de sport où ils font le bonheur des plus grands clubs dans le monde. Un Afro-Américain a même été élu président des États-Unis ! .

"Faites-nous rêver !"

La deuxième conférence des ministres de la Culture de l'Union africaine, qui s'est tenue les 22 et 23 octobre 2008 à Alger, a adopté plusieurs résolutions pour la sauvegarde et le développement de la culture africaine, en complément de celles de la première conférence tenue au Kenya en 2005.
Parmi ces résolutions on retiendra :
• La charte pour la renaissance de la culture africaine ;
• Le plan d'action des langues et le statut de l'académie africaine ;
• le plan d'action pour le développement des industries culturelles africaines ;
• la tenue en 2009 du premier congrès culturel panafricain et la création du fonds africain du patrimoine mondial ;
• la création d'un Institut culturel africain, projet qui sera approfondi par la commission de l'Union africaine ;
• la création du grand musée de l'Afrique à Alger ;
• le projet du patrimoine de l'histoire de la libération de l'Afrique, proposé par la Tanzanie ;
• l'appui au Sénégal dans la préparation du Festival mondial des arts nègres, qui doit se tenir à Dakar ;
• le soutien à la candidature du candidat égyptien Farouk Hosni au poste de directeur général de l'Unesco ;
• l'appui à l'Algérie pour l'organisation du 2e Festival culturel panafricain.

Les défis sont énormes, mais à portée de main. En 1969, l'Afrique était pauvre et encore sous domination coloniale ou sous l'apartheid. Mais l'organisation du 1er Festival panafricain a eu une telle portée sur les populations et dans leur combat pour la liberté que l'on ne peut s'empêcher de rêver que ce second festival fera peut-être « oublier », pour quelques jours seulement, la crise imposée par les faillites du système occidental.


* Article paru au Magazine " Afrique Asie " ,N° de janvier 2009


Par YAZID BEGOURA

 
[Revue de Presse]Le FELIV à travers la presse nationale
La presse algérienne a suivi activement le déroulement du Festival de littérature et du... [suite>>>]
[Revue de Presse]Le Panaf 2009 révèle son contenu à Paris *
40 ans après la première édition du Festival panafricain, Alger réussira-t-elle à... [suite>>>]
[Revue de Presse]Khalida Toumi, à Liberté : « Le Panaf sera le festival du peuple algérien » *
Si l'on ne s'attarde pas sur la beauté des boucles d'oreilles de Khalida Toumi, on pourra constater que la ministre... [suite>>>]
[Revue de Presse]La Côte d'Ivoire pour aider à relever le défi*
40 ans après sa première édition en 1969, le Festival culturel panafricain d'Alger... [suite>>>]
[Revue de Presse]2eme Panaf d'Alger, l'Afrique ressuscitée*
40 ans après le 1er Festival culturel panafricain qu'elle a organisé, l'Algérie... [suite>>>]
[Revue de Presse]Zéhira Yahi: "L'Algérie attend que l'Afrique éclate dans toute sa splendeur" *
Et revoilà le Festival culturel panafricain (PANAF) ! 40 ans après, l'Algérie relance l'événement... [suite>>>]
[Revue de Presse]De Miriam Makeba à Alpha Blondy, l'Afrique toujours !*
Algérie Quarante ans après sa première édition, le 2e Festival culturel panafricain... [suite>>>]
[Revue de Presse]Tout va bouger en Algérie dans quelques semaines *
L'Algérie se prépare à accueillir, du 5 au 20 juillet prochain, sur presque toute... [suite>>>]
Le programme du festival

Consultez tout le programme >>

EDITORIAL
La véritable image !
Le continent africain a vécu 15 jours de culture et d’arts à Alger, et ce, dans le cadre de la 2ème édition du Festival culturel panafricain d’Alger, qui s’est déroulé du 05 au 20 juillet.
[suite de l’article >>>]
INFORMATIONS
PRATIQUES

REJOINEZ LES BÉNÉVOLES DU PANAF 2009 >>

S'abonner à la newsletter
Revue
DE PRESSE
Revue
panaf
Communiqués
de presse
La meteo du Festival