Tous les éléments assurant la réussite du spectacle, du chorégraphe algérien de renommée mondiale, Kamel Ouali, présenté, avant-hier à la Coupole Mohamed Boudiaf, lors de l’ouverture du 2ème festival culturel Panafricain d’Alger, étaient réunis.
Les voix exceptionnelles des stars de la chanson africaine, ayant marqué la musique universelle, se sont rassemblées, à l’instar de Warda EL Djazairia, Youssou N’dour, Césaria Evora, sans compter la comédienne Isabelle Adjani qui a déclamé un texte poétique doté d’une incroyable âme africaine.
Les spectateurs ont été, quant à eux, gratifiés de ce spectacle réalisé par le grand chorégraphe algérien, Kamel Ouali, qui a excellé dans la conception des tableaux présentés, avec la participation de sa troupe. Cette dernière a charmé le public avec des tableaux chorégraphiques exceptionnels, racontant avec des voix mélodieuses les principales haltes historiques du continent africain depuis les temps les plus anciens, avec la découverte du squelette de Lucy, en Ethiopie. Une preuve tangible, voire irréfutable, que l’Afrique demeure le berceau de l’humanité.
Aussi, Kamel Ouali a dessiné les souffrances des africains qui se sont levés pour se libérer du joug du colonialisme, en passant par l’indépendance et la bataille pour la construction et la renaissance. Ce travail, réalisé à travers le décor, l’éclairage et même la musique qui a accompagné le spectacle chorégraphique, a contribué à la réussite de cette manifestation tant attendue par le public pour exprimer le slogan : « l’Afrique du renouveau et de la renaissance ». Au cours du spectacle, toutes les langues ont été conjuguées avec la chorégraphie, cet art supérieur, ce langage unique, celui du corps.
Des danses expressives, exécutées par 365 danseurs, choisis des différents coins du continent noir, ont raconté l’Histoire de l’Afrique. D’autant qu’elles étaient associées à des mélodies qui ont transporté le public dans un voyage inoubliable, à travers les danses des guerriers targuis et massaï, à côté d’autres danses encore exécutées par des tribus de l’Afrique de l’Ouest et d’autres, issues des jungles africaines. Le tableau le plus marquant dans ce spectacle est celui exprimant l’esclavage, caractérisé par une violence inouïe, accompagnée de cris lancés par les danseurs. Pour résumer l’Histoire du continent africain, le tableau a été fait de manière à représenter l’un des marchés de l’Afrique du Nord, annonçant le début de la colonisation d’une partie de l’Afrique.
Les danseurs, dirigés par Kamel Ouali, ont captivé le regard du public, notamment à travers la diversité des tableaux présentés : des esclaves exposés pour la vente, l’exécution arbitraire des autochtones, disposés deux à deux dans un marché par l’armée coloniale, assistée par des colons. Ces tableaux ont été réalisés pour présenter les souffrances qui ont incité les peuples africains à lutter contre le colonialisme. En arrière fond des tableaux, on aperçoit des images de la lutte armée en Algérie et dans certains pays africains qui ont pu briser les chaînes du colonialisme.
A côté de ces danses, qui racontent la mémoire de l’Afrique, d’autres ont été exécutées avec l’accompagnement de la musique Jazz et d’autres styles musicaux contemporains, attestant de la richesse culturelle de ce continent qui a tant donné à la musique contemporaine mondiale.La fin du spectacle était formidable : des danseurs vêtus des couleurs des Etats participants au Panaf, accompagnés par la musique « saf », de l’Ouest algérien.
A noter que le public a été charmé par les danses ensorcelantes exécutées, et qui reflètent la magie de l’Afrique.Cela étant, le public a pu assister, hier, au même spectacle, et dans la même salle, à l’occasion du spectacle populaire ayant permit au public de suivre l’œuvre impeccable de la star Kamel Ouali.
Fatma N. Traduction Wassila Benbechi